Combien coûte le turnover en hôtellerie-restauration ?
Dans l'hôtellerie-restauration, le départ d'un salarié sur un poste opérationnel (serveur, commis, réceptionniste, femme ou valet de chambre) coûte entre 3 300 € et 7 900 €, soit environ 5 600 € en milieu de fourchette. Ce montant comprend le recrutement du remplaçant, la vacance du poste, la formation et les coûts cachés. Avec un turnover annuel moyen de 57 %, un établissement de 50 salariés dépense ainsi près de 160 000 € par an pour remplacer les personnes qui partent.
Par Lucile Pujol, CEO
Publié le · Mis à jour le
Chiffres clés
3 300 € à 7 900 €
coût total d'un départ sur un poste opérationnel, selon les hypothèses retenues.
Source : modèle de coût de l'étude HEC Paris, 2026.
Environ 5 600 €
coût d'un départ en milieu de fourchette. C'est la valeur retenue dans notre calculateur.
Source : étude HEC Paris, 2026.
57 %
turnover annuel moyen observé dans l'étude, parmi des hôtels, des groupes de restauration et des enseignes de commerce.
Source : étude HEC Paris, 2026.
Environ un tiers
des nouvelles recrues quittent leur poste dans les 90 premiers jours.
Source : Jobvite, 2018.
Ce que coûte vraiment un départ
Quand un salarié part, la plupart des établissements ne comptent que les frais de recrutement : une annonce, quelques entretiens. Le coût réel est bien plus élevé, et il se répartit en quatre catégories.
| Catégorie | Hypothèse basse | Hypothèse haute |
|---|---|---|
| Coûts directsAnnonces et outils, temps de recrutement, entretiens, formalités d'embauche, formation par le manager | 925 € | 1 365 € |
| Vacance du posteValeur perdue tant que le poste reste vide (2 à 6 semaines) | 1 583 € | 4 750 € |
| Baisse de productivitéLa nouvelle recrue n'est pas encore pleinement opérationnelle pendant sa formation | 456 € | 570 € |
| Coûts cachésSurcharge et stress du manager, démotivation de l'équipe, erreurs de service | 329 € | 1 180 € |
| Total par départ | 3 294 € | 7 865 € |
Hypothèses : salaire de 1 900 € brut par mois. La valeur créée par un salarié est estimée à 158 € par jour (deux fois son salaire, sur 24 jours travaillés par mois). Modèle élaboré dans le cadre de l'étude HEC Paris (2026) et validé avec des groupes hôteliers, des groupes de restauration et une enseigne de commerce. Voir la méthode complète dans l'étude
Le poste le plus lourd est souvent la vacance. Un poste vide pendant six semaines coûte plus cher que tout le processus de recrutement. C'est aussi le coût que les établissements voient le moins, parce qu'il se dilue dans les heures supplémentaires de l'équipe et dans un service dégradé.
Calculer le coût du turnover dans votre établissement
La formule est simple :
Coût annuel du turnover = nombre de salariés × taux de turnover × coût d'un départ
Exemple. Un restaurant de 50 salariés avec 57 % de turnover connaît environ 28 départs par an. À 5 600 € par départ :
50 × 57 % × 5 600 € = 159 600 € par an
Pour un groupe de 200 salariés avec un turnover supérieur à 100 %, la facture dépasse 600 000 € par an.
Turnover moyen observé dans l'étude HEC Paris (2026) : 57 %
Avec un turnover à 57 %, vous perdez environ 159 600 € par an en coûts de remplacement.
Objectif Adesty : diviser ce coût par deux, soit 79 800 € d'économie par an.
Hypothèse : 5 600 € par départ, milieu de la fourchette de l'étude HEC Paris (3 300 € à 7 900 €). Voir la méthode
La POEI de France Travail peut financer la formation d'un futur salarié avant son embauche.
Envie de voir d'où viennent ces chiffres ? Consulter notre méthodologie complète →Être contacté sous 24hPourquoi ce chiffre diffère des autres estimations
On lit souvent qu'un recrutement raté coûte 20 000 €, 50 000 €, voire plus. Ces estimations concernent en général tous les secteurs confondus, ou des postes de cadres, dont le recrutement passe par des cabinets et dont le salaire est bien plus élevé. Pour un poste opérationnel en hôtellerie-restauration, l'ordre de grandeur est de quelques milliers d'euros par départ.
Ce montant reste lourd parce que le secteur remplace beaucoup : avec 57 % de turnover, chaque poste se recrute presque une fois par an. C'est la répétition qui fait le coût, plus que le montant de chaque départ.
À titre de comparaison, l'étude de référence de Tracey et Hinkin (Cornell, 2008) sur l'hôtellerie américaine estime le coût moyen d'un départ à environ 5 900 dollars, un ordre de grandeur cohérent avec le nôtre.
Pourquoi ce coût est presque toujours sous-estimé
La plupart des employeurs ne calculent pas le coût complet d'un départ. Quand on leur demande de l'estimer, ils citent surtout les frais d'annonce et de recrutement, et oublient le temps du manager, la vacance du poste et la formation. Même des groupes dotés d'équipes RH structurées s'arrêtent aux frais directs.
Ce n'est pas un détail comptable. Tant que le coût reste invisible, il est difficile de justifier un investissement pour le réduire, que ce soit un meilleur accompagnement des nouvelles recrues ou un autre canal de recrutement. Dans l'étude HEC, les employeurs qui avaient fait évoluer leurs pratiques avaient presque tous commencé par chiffrer ce que leur coûtait le turnover.
Où se concentrent les départs
Les départs ne se répartissent pas uniformément au fil du contrat. Environ un tiers des nouvelles recrues partent dans les 90 premiers jours (Jobvite, 2018). C'est aussi la période où l'établissement a déjà payé le recrutement et la formation, sans en avoir encore retiré le bénéfice.
Réduire le turnover passe donc d'abord par ces trois premiers mois.
Comment réduire le coût du turnover
- Chiffrer son propre coût. C'est la première étape, et le calculateur ci-dessus suffit pour une première estimation.
- Recruter sur le comportement et la motivation plutôt que sur l'expérience. L'expérience dans le secteur prédit mal la durée en poste. Une mise en situation ou un entretien sur les situations concrètes du poste en dit davantage qu'un CV.
- Accompagner les 90 premiers jours. Un référent, des points réguliers à une semaine, un mois et en fin de période d'essai. Cela ne coûte presque rien, et c'est là que se joue la majorité des départs évitables.
- Mobiliser les dispositifs publics. La Préparation opérationnelle à l'emploi individuelle (POEI), par exemple, permet de faire financer par France Travail la formation d'un futur salarié avant son embauche.
L'approche Adesty
Adesty recrute pour l'hôtellerie, la restauration et le commerce des talents issus de structures d'insertion, évalués sur leur comportement et leur motivation plutôt que sur leur CV. Le talent et son manager sont accompagnés pendant 6 mois après l'embauche. Notre rémunération est liée à la rétention : elle est versée en trois fois, à l'embauche, à la fin de la période d'essai et à quatre mois de présence.
Pour les hôtels et les restaurants d'Île-de-France, voir notre page recrutement en hôtellerie-restauration.
Notre objectif : diviser par deux le coût de votre turnover.
Questions fréquentes
Combien coûte le départ d'un salarié en hôtellerie-restauration ?
Entre 3 300 € et 7 900 € pour un poste opérationnel, soit environ 5 600 € en milieu de fourchette. Ce montant comprend le recrutement du remplaçant, la vacance du poste, la formation et les coûts cachés.
Comment calculer le coût du turnover de mon établissement ?
Multipliez le nombre de salariés par votre taux de turnover, puis par le coût d'un départ. Par exemple, 50 salariés × 57 % × 5 600 € = 159 600 € par an.
Quel est le taux de turnover moyen en hôtellerie-restauration ?
L'étude HEC Paris (2026) observe un turnover annuel moyen de 57 %. Il varie beaucoup d'un établissement à l'autre et peut dépasser 100 % dans certains groupes de restauration.
Pourquoi trouve-t-on des chiffres de 20 000 € ou 50 000 € ailleurs ?
Ces estimations portent en général sur tous les secteurs ou sur des postes de cadres. Pour un poste opérationnel en hôtellerie-restauration, le coût d'un départ se compte en milliers d'euros, mais il se répète presque chaque année pour un même poste.
Quand les salariés partent-ils le plus souvent ?
Dans les 90 premiers jours. Environ un tiers des nouvelles recrues partent pendant cette période, ce qui en fait la priorité pour réduire le turnover.
Sources
- Pujol, L. (2026). What Social Innovation Mechanisms Can Durably Address Hard-to-Fill Occupations? The Case of Inclusive Hiring Practices in the French Hospitality Industry. Mémoire de master, HEC Paris.
- Tracey, J. B. et Hinkin, T. R. (2008). Contextual factors and cost profiles associated with employee turnover. Cornell Hospitality Quarterly, 49(1).
- Jobvite (2018). Job Seeker Nation Study.
- France Travail. La Préparation opérationnelle à l'emploi individuelle (POEI).